10 œuvres de Renée VIVIEN sur le bonheur

30 mai 2019 1 Par Edouard
10 œuvres de Renée VIVIEN sur le bonheur
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Découvrons les poèmes bonheur de Renée VIVIEN

Après les œuvres de Sully PRUDHOMME, voyons celles de Pauline Mary TARN, plus connu sous son nom de plume Renée VIVIEN et surnommée Sapho 1900 est née le 11 juin 1877 à Londres et mortes à Paris le 18 novembre 1909.

Découvrons aujourd’hui quelques œuvres sur le Bonheur qu’elle a réalisé et qui ont contribué à sa renommée et à l’instauration du prix Renée-Vivien qui honore un recueil de poésie possédant des affinités thématiques avec la poétesse. Autant vous dire que seuls les plus grands noms de la littérature français se voient décerner ce prix !

Sourire dans la Mort

Le charme maladif des musiques moroses
Ici ne convient point à l’auguste trépas.
Venez, il faut couvrir de rythmes et de roses
La maison du Poète, où le deuil n’entre pas !

Que, parmi le reflux des clartés, se déploie
La pompe des parfums, des chants et des couleurs :
Avec des cris d’orgueil, d’espérance et de joie,
Jetez à pleines mains les fleurs, les fleurs, les fleurs !

Dédaignant le reflet de l’amertume ancienne,
Son front large rayonne avec sérénité…
Il dort divinement sa nuit olympienne,
Et son baiser d’amour étreint l’éternité.

Renée Vivien, Études et Préludes

Aube incertaine

Comme les courtisans près d’un nouveau destin,
Nous attendions ensemble un rayon de l’aurore.
Les songes attardés se poursuivaient encore,
Et tes yeux étaient bleus, — bleus comme le matin.

Déjà je regrettais une douceur passée.
Tes cheveux répandaient une odeur de sommeil.
Dans la crainte de voir éclater le soleil,
Notre nuit s’éloignait, souriante et lassée.

Tel qu’un léger linceul de spectre, le brouillard
Se drapait vaguement avant de disparaître,
Et le ciel était plein d’un immense : Peut-être…
L’aube était incertaine ainsi que ton regard.

Tu semblais deviner mes extases troublées.
Dans l’ombre, je croyais te voir enfin pâlir,
Et j’espérais qu’enfin jaillirait le soupir
De nos cœurs confondus, de nos âmes mêlées.

Nos êtres défaillants frémissaient d’espoir : sourds.
Nous rêvions longuement que c’était l’amour même,
Son immortelle angoisse et son ardeur suprême…
Et le jour s’est levé, comme les autres jours !

Renée Vivien, Études et Préludes


Vous pouvez relire ou découvrir plus œuvres dans son recueil Études et préludes

Résurrection

Et je t’aime ! Et voici que s’épand dans mes moëlles
Miraculeusement la clarté des étoiles,
Belle que je choisis pour Reine des étoiles !

Me voici revenue à la vie, à l’amour
Qui transfigure en or les choses d’alentour,
Au charme du poème, au rire de l’amour.

Tantôt je m’enfonçais dans l’horreur des ténèbres
Et je portais en moi des visions funèbres
Ah ! l’horreur, ah ! l’horreur tenace des ténèbres !

Mais voici le matin… Nous voici toutes deux
Vivantes… C’en est fait de mes songes hideux.
Comme par le passé, Chère, nous sommes deux.

Ô bonheur de me voir revenue à la vie !
Car l’aurore s’est faite en mon âme ravie ;
Miraculeusement, je vois rire la vie !…

Voici que l’univers me donne moins d’effroi,
Très chère, puisque enfin me voici près de toi,
Et je n’ai plus d’angoisse et je n’ai plus d’effroi !

Renée Vivien, Dans un coin de violettes, 1910

Présence

Ta présence me donne une heure de jeunesse,
Il semble que mon mal se ralentit, puis cesse,
Car c’est toi mon bonheur et c’est toi ma jeunesse !

Ô parfum de ta robe ! Ô fraîcheur de ton front !
Jamais les cruels temps futurs n’obscurciront
Cette douce clarté de tes yeux, de ton front !

Tu m’apportes ta voix, ta présence et ton rire,
Et je t’attends, je te contemple, et je t’admire.
En moi rayonne encor la splendeur de ton rire !

Sous le rayonnement solaire de tes yeux,
Ô jeune et belle autant que le furent les dieux !
Il me semble oublier mon cœur qui se fait vieux !

Renée Vivien, Dans un coin de violettes, 1910

Veillée heureuse

J’épie avec amour, ton sommeil dans la nuit :
Ton front a revêtu la majesté de l’ombre,
Tout son enchantement et son prestige sombre…
Et l’heure, comme une eau nocturne, coule et fuit !

Tu dors auprès de moi, comme un enfant… J’écoute
Ton souffle doux et faible et presque musical
S’élevant, s’abaissant, selon un rythme égal…
Ton âme, loin de moi, suit une longue route…

Tes yeux lassés sont clos, ô visage parfait !
Te contemplant ainsi, j’écoute, ô mon amante !
Comme un chant très lointain, ton haleine dormante,
Je l’entends, et mon cœur est doux et satisfait.

Renée Vivien, Dans un coin de violettes, 1910

Pour mon cœur

Mystérieux, amer et terrible, ô mon cœur,
Éloigne enfin de toi la haine et la rancœur !

Sache combien est grand ce bienfait qu’on te donne
De pouvoir pardonner, ô mon cœur ! et pardonne !

Ne garde plus l’amer souvenir des joies dues !
Et qu’il soit comme un mot effacé sur les nues !

Sois léger et sois doux comme l’ombre d’une aile,
Ô mauvais cœur, tenace et méchant et fidèle !

Ô mon cœur ! exhalant, dans un vaste soupir,
Le pardon retenu, sache enfin t’attendrir !…

Renée Vivien, Dans un coin de violettes, 1910

Oiseaux dans la nuit

Cette nuit, des oiseaux ont chanté dans mon cœur…
C’était la bonne fin de l’ancienne rancœur…
J’écoutais ces oiseaux qui chantaient dans mon cœur.

Dans ma grande douleur, la nuit me fut clémente
Et tendre autant que peut se montrer une amante.
Ce fut la rare nuit qui se montra clémente.

Dans ton ombre, j’ouïs le chant de ses oiseaux.
Et je dormis enfin… Mes songes furent beaux
Pour avoir entendu le chant de ces oiseaux…

Renée Vivien, Dans un coin de violettes, 1910

Mon paradis

Mon Paradis est un doux pré de violettes
Où le chant régnera sur des âmes muettes.
Mon Ciel est un beau chant parmi les violettes.

Mon Ciel est la très calme éternité du soir
Où le regard se fait plus profond pour mieux voir
Et c’est l’Éternité dans le ciel d’un beau soir…

Mon Paradis est une éternelle musique.
Qui s’exhale divine allégresse rythmique…
Mon Paradis est le règne de la musique.

Car ce sera, là-haut, le triomphe du chant,
Le règne de la paix dans le Ciel du couchant,
Où rien ne survit plus que l’amour et le chant.

Renée Vivien, Dans un coin de violettes, 1910

La lune consolatrice

Et voici que mon cœur s’épanouit et rit…
Moi qui longtemps souffris, me voici consolée
Par ce noir violet d’une nuit étoilée,
Moi qui ne savais point que la lune guérit !

Moi qui ne savais point que la lune console
De tout le chagrin lourd, de toute la rancœur !
Sa consolation illumine le cœur
D’un rayon éloquent autant qu’une parole.

Et d’un rayon furtif comme un furtif bienfait
Elle se glisse au fond torturé de mon âme,
Elle se glisse avec une douceur de femme.
Et c’est insinuant comme un obscur bienfait.

Comme un obscur bienfait s’insinue, elle glisse…
Tout le ciel émergeant de l’ombre est radieux.
Éternellement chère à mon cœur, à mes yeux,
Sois louée à jamais, Lune consolatrice !

Renée Vivien, Dans un coin de violettes, 1910

Essentielle

Ainsi, l’on se contemple avec des yeux sacrés
Devant l’autel des mers et sur l’autel des prés…

Toi dont la chevelure en plis d’or illumine,
Tu m’as fait partager ton essence divine…

Et tu m’as emportée au fond même du ciel,
Ô toi que l’on adore, ô l’Être Essentiel !

Tes yeux ont le regard que n’ont point d’autres femmes…
Et ce fut, pour nous, comme une rencontre d’âmes.

Mon cœur nouveau renaît de mon cœur d’autrefois…
Que dire de tes yeux ? Que dire de ta voix ?

Ô ma splendeur parfaite, ô ma Toute Adorée !
La mer était en nous, unie à l’empyrée !

Renée Vivien, Dans un coin de violettes, 1910

Vous pouvez retrouver ces œuvres et d’autres dans le recueil Dans un coin de violettes

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Les oeuvres sur le bonheur de Renée VIVIEN
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